Des fraudeurs s’enrichissent en créant des ONG ou des Églises

Bukavu
Image via Wikipedia

A Bukavu, se dire pasteur ou créer sa propre ONG est souvent une manière rentable de gagner sa vie. Cette activité, qui frise parfois la malhonnêteté, ne contribue en rien au développement du Congo. Et décourage l’aide extérieure, en baisse ces dernières années.

Bukavu (RD Congo).- Correspondance Syfia

« Mon Église, c’est mon ONG », proclame le pasteur Marhegeko, de Bukavu, à l’est de la République démocratique du Congo. Un bel aveu ! Dans cette région du Sud-Kivu, ONG et Églises dites chrétiennes sont devenues un business très organisé.

La province, où vivent 4,4 millions d’habitants, compte plus de 3 000 ONG ; de nouvelles Églises apparaissent chaque jour. Dans les deux cas, c’est l’aide étrangère que convoitent les promoteurs de ces organisations.

Les bailleurs de fonds étrangers, qui financent les ONG à condition d’améliorer la vie des populations locales, en particulier rurales, ont fini par se méfier et ont fortement réduit leurs apports pécuniaires.

De nombreux affairistes se cachent derrière des raisons sociales séductrices (pour la justice, pour la réconciliation, pour le développement des campagnes, etc.) pour faire valoir des frais de personnes fictives, évoquer des coûteuses réunions qui n’ont jamais eu lieu, signaler des achats de fertilisants agricoles qui n’ont jamais été achetés.

Trompeuses de fidèles »

Pour contrer la méfiance des donateurs envers les ONG malhonnêtes, des “Églises” créées à la va-vite ont pris le relais afin de continuer à financer la vie des petits malins. Mais l’idée est toujours de viser (voire de vider) les poches des fidèles.

Aux quatre communautés traditionnelles (catholique, protestante, musulmane et kimbanguiste) se sont ajoutées des Eglises dites de Réveil, réputées être des « trompeuses de fidèles » selon Benjamin Murhesa, un catholique du Mouvement sacerdotal marial.

Bon nombre d’entre elles calquent leur mode d’existence sur celui des ONG, en ajoutant la quête locale à la recherche de subventions internationales. « Dans ces Églises, les prédications visent les recettes en espèces ; tous les cultes sont centrés sur la quête », explique Janvier Nigane, coordinateur du Carrefour d’initiatives pour le développement communautaire. Concerts payants, campagnes d’évangélisation, veillées bibliques et banquets sont l’occasion de solliciter de l’argent.

Un bijou en or avant de prier pour vous

Les radios locales dénoncent les fraudeurs, comme ce “pasteur” du Service d’évangélisation internationale qui demandait aux femmes de lui donner un bijou en or avant de prier pour elles. On a aussi vu des animateurs d’ONG disparaître dans la nature après avoir obtenu un financement important.

Pour se distinguer, les ONG sérieuses détaillent de façon très contrôlable leurs dépenses et acceptent la venue annuelle d’un comptable envoyé par le bailleur, qui vérifie les comptes et l’application des décisions prises un an auparavant. Une transparence que les fraudeurs seraient bien incapables d’envisager.

dna.fr

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